Une traversée transatlantique d’ouest en est

« Naviguer est une activité qui ne convient pas aux imposteurs. Dans bien des professions, on peut faire illusion et bluffer en toute impunité. En bateau, on sait ou on ne sait pas. »

Éric Tabarly1


La plupart des projets de transatlantique à la voile par des particuliers, le protagoniste a une tendance à ce besoin de publier ses aventures et faire connaître son projet.

Est-ce pour exorciser ses propres peurs à ce projet? Ou simplement une tendance au narcissisme? Ou encore, des besoins pécuniers et d’en faire un métier. En tout cas, plusieurs me parlent de mon projet et ils sont impressionnés et parfois inquiets. Ils ne feraient jamais ce genre de voyage. Je suis toujours perplexe à écouter leurs impressions. Je ne sais pas trop quoi répondre.  

Alors, me voici comme les autres à écrire et à publier sur le web. Je vous dirai plus tard pourquoi je le fais.

Sans doute l’expérience et une longue préparation font que ce projet ne m’inquiète pas tant. Sauf peut-être pour la solitude malgré les équipiers à bord ainsi que de l’équilibre mental de chacun.

Il y a aussi la préparation du voilier. D’une importance capitale. Tout a été remplacé. Tout est neuf. Et surtout, tout a été refait par moi-même. Je connais donc par cœur ses systèmes facilitant les réparations. Il y a aussi de la redondance d’équipements critiques. Je sais que tout finit par briser sur un voilier et cela arrive lorsque nous sommes en mer. Je m’attends à une réparation par jour. C’est une moyenne que j’ai déjà connue sur un voilier lors d’une traversée d’est en ouest en Atlantique.

Le voilier

En bref, Olivine est :

  • Bénéteau Océanis 46 2008
  • Longueur 47’ 3’’
  • Largeur 14 pieds
  • Tirant d’eau : 5. Pieds
  • Tirant d’air : 65 pieds.
  • Tonnage : 19 t.
  • Poids chargé : environ 24 000 lb.

Pour le mordu de voile et d’aspects techniques, cet autre article qui décrit bien le voilier Olivine.

Le parcours au long cours

Le départ est de l’île de Saint-Martin, côté Français. Précisément de la Baie de Marigot.

Notre première destination est les îles des Açores, d’une distance d’environ 2500 miles nautique ou 4600 km. Le parcours n’est pas en ligne droite. C’est variable selon les vents et les vagues. On prévoit entre 18 et 24 jours en haute mer sans vue sur terre.

Après quelques jours de repos, nous reprenons la mer vers le détroit de Gibraltar. Un parcours de 900 mn. Durée environ 8 à 10 jours.

Finalement, en Méditerranée, nous naviguons jusqu’à Carthagène en Espagne, environ 250 mn. Durée environ 2 jours.

Nous utilisons un logiciel de planification de route météo Predictwind. C’est toujours impressionnant de voir les gros tourbillons colorés rouge ou bleu foncé.

Prévision de la météo pour le 22 avril 2026. Le trait discontinué montre la route approximative du parcours.

Prévision de la météo pour le 22 avril 2026. Le trait discontinué montre la route approximative du parcours.

Lorsque le voilier sera près des Açores, le tourbillon en rouge ne sera plus là. Ce sera un tout autre système météo.

Le logiciel propose plusieurs routes selon différents modèles de prédictions météo.

On remarque certaines routes plus longues que d’autres mais de durée similaire. Les zones bleues montre qu’il n’y a presque pas de vent. Olivine a une capacité de naviguer à moteur pour environ 5 jours (120 heures continues). Certaines de ces routes demandent plus de 4 jours à moteur. Il se peut que l’on doive attendre le vent.

Par ailleurs, nous utilisons les services d’un routeur professionnel. Chaque, il nous proposera la meilleure route selon nos attentes, soit une navigation confortable.

La préparation

Une bonne préparation est présage d’un voyage qui se déroulera bien. Il y a peu de place à l’improvisation. En haute mer, on ne peut compter que sur soi.

La préparation de ce voyage se divise en plusieurs parties :

  1. Le voilier
    • Le choix du voilier.
    • Les modifications pour le voyage au long cours.
  2. La sécurité et la communication.
    • Balise de détresse (Epirb).
    • Balise de détresse personnel pour chaque membre de l’équipage.
    • Balise MOB (homme à la mer).
    • Les harnais et ligne de vie.
    • Internet haute vitesse.
    • Téléphone satellite.
    • La trousse de premier soin. Des somnifères, aux antibiotiques et aux points de suture avec sédation.
  3. La planification dans le temps.
    • Bien choisir la période l’année.  
  4. Les outils météo et de routage en mer.
    • Indispensable d’utiliser les bons logiciels avec licences de niveau professionnel.
  5. Les vérifications quotidiennes.
  6. La nourriture.
  7. Le manuel de l’équipier.
  8. Les dodos et les quarts de nuit.
  9. Les outils.

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Identifiant MMSI : 316041886

Suivez Olivine à la trace sur PredictWind

Un autre site intéressant pour voir tous les bateaux des océans : Marine Traffic

Les équipiers

Benoît : le capitaine. Observateur et passif.

Marc : frère du capitaine et navigateur. Le navigateur a la charge de la navigation, soit du choix de la route à prendre. Il a une certaine tendance à choisir la route la plus rapide où les vents et les vagues sont impressionnantes.

Félix : fils du capitaine, un don pour la pèche et cuisinier. Il est presque né sur un voilier. Zéro mal de mer.

Je partage le « Manuel de l’équipier – Transat 2026 ». Un document fourre-tout pour chaque membre de l’équipage.


  1. Cette citation souligne l’importance de la compétence technique et de l’expérience réelle, plutôt que de la simple apparence de maîtrise. La mer ne pardonne pas : La mer punit les bravaches et exige l’humilité. L’apprentissage : Tabarly considérait le métier de marin comme un long apprentissage et non quelque chose qui s’improvise. ↩︎

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